La rentrée approche, et il y a de fortes chances que ton corps le sache avant toi. Boule au ventre, mains moites, nuits plus courtes, moins d'appétit, et tu te dis que c'est sûrement la chaleur. En général, ce n'est pas ça.

Que tu rentres au collège ou au lycée, tu penses déjà aux nouveaux profs, à l'emploi du temps, à ta classe. Tu te demandes si tes amis ont passé un été différent du tien, s'ils se sont rapprochés d'autres personnes, s'ils auront encore envie de traîner avec toi. Ou peut-être, plus simplement, tu n'as juste pas envie de retomber sur ce fameux prof de maths.

Si rien que d'y penser te noue l'estomac, c'est probablement l'anxiété de rentrée qui commence à s'installer.

Pourquoi on devient anxieux avant la rentrée

Les raisons sont rarement uniques. Il y a souvent l'envie de bien faire, parce que ça compte pour tes parents (ou pour le cadeau de Noël, soyons honnêtes). Il y a le fait que ça fait deux mois qu'on n'a pas remis les pieds dans un établissement scolaire, et qu'on ne sait plus trop à quoi s'attendre. Il y a la peur de revoir des gens qu'on n'a pas croisés depuis longtemps, de découvrir qu'ils ont changé, ou qu'ils se sont fait de nouveaux amis. Et il y a, tout simplement, la peur de ne pas savoir comment cette année va se passer.

Au fond, l'anxiété, c'est notre cerveau qui anticipe un danger pour mieux nous en protéger. Le problème, c'est qu'il finit parfois par tout anticiper : « Et si ça se passe mal ? », « Et si je me retrouve seul ? », « Et si je n'y arrive pas ? » Ces questions tournent en boucle, et elles peuvent prendre beaucoup de place.

Quand l'anxiété prend trop de place

Pendant plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, les mêmes pensées reviennent en boucle. On n'arrive plus vraiment à penser à autre chose. Et ça finit par toucher le sommeil, l'appétit, la concentration, l'envie de faire les choses qu'on aime d'habitude.

L'objectif n'est pas de faire disparaître l'anxiété. Elle essaie, à sa façon, de te protéger. L'idée, c'est plutôt d'apprendre à vivre avec, sans qu'elle prenne toute la place.

Trois choses qui peuvent aider

Marsha Linehan, à l'origine de la thérapie comportementale dialectique (TCD), a développé plusieurs outils utiles pour traverser ce genre de moments. En voici trois.

Se tourner vers autre chose. 🎧 Quand l'anxiété devient envahissante, se distraire volontairement peut aider : une activité, de la musique, un dessin, une conversation. Il ne s'agit pas de fuir l'anxiété indéfiniment, juste de lui laisser un peu moins de place, le temps que ça se calme.

Laisser l'anxiété être là. 🌊 Celle-ci demande un peu plus de courage. Il s'agit de s'arrêter, de ressentir ce qu'on ressent sans chercher tout de suite à le faire partir. C'est le principe de l'acceptation : reconnaître l'émotion, même sans l'aimer. Tu peux te dire : « je suis anxieux, je n'aime pas ça, mais c'est là, et je peux quand même continuer ma journée. »

Un exemple concret : allonge-toi quelque part au calme, 10 minutes, sans téléphone. Ferme les yeux et observe simplement ce qui se passe dans ton corps. Où sens-tu la boule au ventre ? Est-ce que ton cœur bat plus vite ? Tu n'as rien à changer, rien à résoudre. Juste observer, comme si tu regardais passer les nuages.

Vérifier les faits. Enfin, il peut être utile de questionner ce que l'anxiété te raconte. « Je vais forcément être seul. » « Mes amis vont m'avoir oublié. » « Je vais rater mon année. » En TCD, on appelle ça vérifier les faits : regarder ce qu'on sait vraiment, plutôt que de prendre chaque prédiction anxieuse pour une certitude.

Pour la rentrée

Tu n'as pas besoin de savoir aujourd'hui comment va se passer toute ton année. Tu n'as pas besoin d'être parfaitement prêt, ni d'avoir arrêté d'avoir peur, ni de contrôler chacune de tes pensées. Tu dois juste passer le premier jour.

Apprendre à gérer son anxiété prend du temps, et il n'existe pas de technique magique qui fonctionne du jour au lendemain. C'est normal.

Si l'anxiété devient trop présente, ou trop difficile à porter seul, il est possible d'être accompagné. En parler à un parent, à un adulte de confiance ou à un professionnel, c'est déjà un premier pas. Demander de l'aide, ce n'est pas échouer. C'est apprendre à ne plus rester seul avec ce qu'on ressent. 💛